Le coefficient Syntec 2025 relie la classification d’un salarié à un salaire minimum conventionnel. Pour les entreprises relevant de la convention collective Syntec, ce n’est pas un simple repère administratif. Il conditionne la conformité de la paie, la cohérence des classements et les revalorisations à appliquer dès le 1er janvier 2025.
La grille concerne environ 900 000 salariés et évolue à la suite de l’accord signé le 26 juin 2024. Après une absence de revalorisation en 2024, les salaires minimaux augmentent en moyenne de 3,59 % en 2025, avec des hausses différentes selon les catégories et les positions.
À quoi sert vraiment le coefficient Syntec ?
Dans la convention collective Syntec, le coefficient traduit la place du salarié dans la classification. Il dépend du poste occupé, du niveau d’autonomie, de l’expérience professionnelle, de la technicité attendue et du degré de responsabilité. Plus le coefficient est élevé, plus le salaire minimum conventionnel associé est important. Cette logique sert de base à la grille salariale et au suivi RH.

Le coefficient concerne aussi bien les ETAM que les ingénieurs et cadres. Il permet à l’employeur de positionner chaque salarié dans une hiérarchie lisible, mais aussi au salarié de vérifier que sa rémunération respecte le minimum prévu pour sa position. Pour une équipe RH, c’est un outil de contrôle simple, à condition que la classification repose sur les missions réellement exercées.
Coefficient, position et salaire minimum : trois notions liées
La position décrit le niveau dans la classification, par exemple 1.1, 2.1 ou 3.2. Le coefficient donne une valeur hiérarchique à cette position. Le salaire minimum, lui, correspond au plancher brut mensuel applicable. En pratique, une fiche de paie conforme doit donc rester cohérente avec le contrat de travail, les fonctions exercées et la grille de salaire Syntec 2025.
Il ne faut pas confondre le coefficient Syntec avec l’indice Syntec. Le coefficient relève de la classification et des salaires minimaux. L’indice Syntec, publié chaque mois par la Fédération Syntec, sert de référence économique dans certains contrats de prestations intellectuelles. Les deux notions sont proches dans l’usage courant, mais elles n’ont pas le même rôle.
Grille des coefficients Syntec 2025 : les principaux montants
Les barèmes 2025 introduisent des augmentations ciblées. Les catégories 1, pour les ETAM comme pour les cadres, bénéficient d’une hausse de 100 € mensuels. Les catégories 2 et 3 progressent de 75 € mensuels. Certaines positions connaissent une hausse plus marquée, notamment l’ETAM position 1.1 avec +5,83 %, tandis que d’autres progressent plus modérément, autour de 1,30 %.
Convention collective des bureaux d’études techniques (IDCC 1486) – Consultez le texte officiel de la convention collective nationale applicable aux bureaux d’études techniques, cabinets d’ingénieurs-conseils et sociétés de conseil.
| Position | Coefficient | Salaire minimum mensuel brut 2025 |
|---|---|---|
| 1.1 | 95 | 2 135 € |
| 1.2 | 100 | 2 240 € |
| 2.1 | 105 | 2 315 € |
| 2.1 | 115 | 2 530 € |
| 2.2 | 130 | 2 850 € |
| 2.3 | 150 | 3 275 € |
| 3.1 | 170 | 3 650 € |
| 3.2 | 210 | 4 495 € |
Ces montants doivent être lus comme des minima conventionnels. Une entreprise peut rémunérer au-dessus de la grille, notamment pour tenir compte du marché, d’une expertise rare, de l’ancienneté ou d’un objectif de fidélisation. En revanche, elle ne peut pas se situer en dessous du minimum applicable au salarié concerné. Le point de contrôle est simple : salaire brut mensuel, position, coefficient et missions doivent aller dans le même sens.
Le cas particulier des ETAM
Pour les ETAM, un point d’attention ressort en 2025 : la suppression de la valeur du point. La lecture de la grille devient plus directe, car le raisonnement se fait à partir des montants minimaux associés aux positions. Pour les équipes RH, cette évolution réduit le risque d’erreur de calcul, mais elle impose de mettre à jour les matrices internes, les modèles de contrat et les outils de paie.
Dans les faits, cette simplification demande tout de même une vigilance renforcée. Un tableau de suivi bien renseigné, avec la position, le coefficient et le salaire contractuel, évite les écarts entre l’affichage RH et la paie réelle. C’est aussi un moyen rapide de repérer les salariés proches du minimum conventionnel avant un passage en revue annuel.
Ce qui change par rapport à 2024
L’évolution 2025 est notable parce qu’elle intervient après une année 2024 sans revalorisation. L’accord signé le 26 juin 2024 réintroduit donc une dynamique d’ajustement des salaires minimaux, dans un contexte où les entreprises doivent à la fois maîtriser leur masse salariale et sécuriser leur conformité conventionnelle. La hausse moyenne de 3,59 % n’a pas le même effet sur toutes les positions.
La logique retenue combine des augmentations forfaitaires, avec 100 € mensuels pour les catégories 1 et 75 € mensuels pour les catégories 2 et 3, et des effets proportionnels variables selon le niveau initial de rémunération minimale. C’est ce mélange qui explique les écarts entre positions : une même somme ajoutée à deux niveaux de départ différents ne produit pas le même pourcentage d’augmentation.
Pourquoi les écarts de hausse comptent en paie
Une augmentation de 100 € n’a pas le même poids relatif sur un salaire minimum de début de grille que sur une position plus élevée. C’est ce qui explique, par exemple, l’augmentation de 5,83 % pour l’ETAM position 1.1, alors que certaines positions progressent seulement de 1,30 %. Pour un service paie, l’erreur fréquente consiste à appliquer un pourcentage uniforme à toute la population, alors que la grille impose une lecture position par position.
La classification doit aussi rester lisible dans le temps. Un coefficient ne sert pas seulement à figer un salarié dans une case ; il permet de suivre une évolution de poste, une montée en autonomie, puis une fonction d’expertise ou d’encadrement. Cette lecture évite deux dérives : sous-classer durablement un collaborateur qui a gagné en responsabilités, ou annoncer une hausse sans vérifier le palier conventionnel correspondant.
Obligations employeur : les vérifications à faire
L’employeur doit s’assurer que chaque salarié relevant de la convention collective Syntec bénéficie au minimum du salaire prévu pour sa position et son coefficient. Cette vérification ne se limite pas aux nouvelles embauches. Elle doit aussi être réalisée lors des revalorisations annuelles, des changements de poste, des promotions et des réorganisations internes. Le contrôle régulier reste le meilleur moyen d’éviter les écarts de conformité.
- Comparer le coefficient indiqué au contrat avec les missions réellement exercées.
- Vérifier que le salaire brut mensuel atteint au moins le minimum 2025 applicable.
- Identifier les salariés proches du minimum conventionnel avant l’entrée en vigueur de la grille.
- Mettre à jour les logiciels de paie et les référentiels RH internes.
- Documenter les décisions de classification pour limiter les contestations.
Égalité salariale et cohérence interne
La conformité ne consiste pas seulement à respecter un plancher. La convention collective et les obligations légales imposent aussi de surveiller les écarts injustifiés, notamment entre les femmes et les hommes. Deux salariés occupant des fonctions comparables, avec un niveau d’autonomie et de responsabilité similaire, doivent être classés et rémunérés selon une logique objectivable. Les écarts doivent pouvoir être expliqués par des critères de poste, et non par une simple habitude de service.
Pour les entreprises, la grille Syntec 2025 peut devenir un outil de pilotage plutôt qu’une contrainte subie. Elle permet d’aligner les fiches de poste, les parcours d’évolution, les budgets d’augmentation et les négociations annuelles obligatoires. À l’inverse, une grille mal appliquée expose à des régularisations de salaire, à des tensions sociales et à un risque de non-conformité.
Bien appliquer le coefficient Syntec 2025 en pratique
La bonne méthode consiste à partir du poste réel, puis à rattacher ce poste à une position et à un coefficient, avant de vérifier le salaire minimum correspondant. L’ordre est important. Partir uniquement du salaire pour en déduire un coefficient peut conduire à une classification artificielle, déconnectée du niveau de responsabilité du salarié. Le point de départ doit toujours rester le contenu du travail.
- Décrire les missions principales, l’autonomie et le niveau d’expertise attendu.
- Identifier la catégorie applicable : ETAM ou ingénieur et cadre.
- Rattacher le poste à la position Syntec la plus cohérente.
- Contrôler le coefficient et le salaire minimum 2025 associé.
- Archiver l’analyse pour justifier la décision en cas d’audit ou de contestation.
Pour sécuriser l’application, les entreprises ont intérêt à consulter la convention collective Syntec et les ressources publiées par la Fédération Syntec. Un tableau interne, idéalement exportable au format Excel, peut ensuite servir de base de contrôle : nom du salarié, catégorie, position, coefficient, salaire actuel, minimum applicable et écart éventuel.
Un simulateur de coefficient peut également être utile, à condition qu’il repose sur des critères RH solides : autonomie, complexité des missions, encadrement, expérience, niveau de décision. L’outil ne remplace pas l’analyse humaine, mais il peut accélérer les contrôles et repérer les situations qui demandent une revalorisation ou une révision de classification. Dans une entreprise de la branche Syntec, ce type de suivi limite les oublis et facilite les arbitrages lors des campagnes salariales.